jeudi 21 février 2013

Lettre au Président Diacounda Traore


A l'attention de Monsieur de Président de la République
Diacounda Traore
Palais de la Koulouba
Bamako-Mali

Paris, le 10 février 2013.



Objet : les orphelins du Mali. Pour la reprise des apparentements.


Monsieur le Président de la République,

Nous avons l'honneur d'unir nos voix et de vous adresser conjointement cette lettre, espérant que vous serez sensible à notre demande. Nous sommes candidats à l'adoption d'un enfant de votre pays qui en novembre dernier a fermé ses portes à l’adoption internationale. Nous vous serions infiniment reconnaissants, et c'est loin de n'être qu'une formule de politesse, de bien vouloir  œuvrer afin que les procédures d’adoption des familles choisies par le Mali puissent reprendre et aboutir.

Nous avons été retenus par la dernière commission de sélection de la DNPEF, la Direction Nationale de la Famille, de la Promotion de la Femme et de l'Enfant de Bamako, en mai 2012 comme une centaine d'autres postulants français. Nous étions alors très très heureux ! Adopter un enfant du Mali est un choix de cœur pour nous. Et nous étions confiants qu'un prochain apparentement avec un enfant allait avoir lieu. Or, en novembre dernier, nous apprenions par Madame la Ministre Alwata Ichata Sahi, Ministre de la Famille, de la Promotion de la Femme et de l'Enfant, via l'Agence Française de l'Adoption, l'arrêt brutal de toute adoption internationale et ce en dépit de l'engagement annoncé quelques mois plus tôt.

Nous sommes très attachés à votre pays pour y avoir construit un chemin vers notre futur enfant au fil des années. D'ailleurs, nous n'avons déposé aucune autre demande d’adoption dans aucun autre pays. Mais la récente décision des Autorités maliennes nous a anéanti et laissé dans la plus grande des incompréhensions. En effet, la promesse d'un apparentement a été établie dans des conditions réglementaires légales (la commission de sélection). Par ailleurs, et ce n'est pas la moindre des conséquences, la décision d'arrêter les adoptions internationales va réduire considérablement, dans un court et moyen terme, la possibilité pour les orphelins de vivre dans un foyer où ils sont très attendus, où nous sommes prêts à leur offrir un avenir plein d'affection et de protection, dans le respect et la promotion de leur culture de naissance.

Nous nous adressons à vous, Monsieur le Président de la République, confiants dans votre humanisme, connaissant l’intérêt supérieur que vous portez à vos concitoyens, et alors que nos deux pays oeuvrent ensemble pour la souveraineté du Mali. Nous souhaitons et espérons la paix au Mali. Et nous souhaitons et espérons que très vite, les apparentements reprennent. Notre désir le plus profond est de chérir notre futur enfant. Nous espérons que vous entendrez nos voix et que vous pourrez trouver une solution à cette situation où nos vies intimes sont meurtries. C'est probablement une paille dans les enjeux géo-politiques actuels qui sont en œuvre au Mali. Mais pour nous, c'est l'essentiel, tout simplement l'essentiel.

Ayant toute confiance en votre bienveillance, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de toute notre gratitude et de notre très haute considération.




Des parents Français,
sélectionnés aux commissions Maliennes 2009, 2010, 2012.

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