vendredi 8 février 2013

Lettre au Président Français François Hollande


A l'attention de Monsieur de Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 Paris

Paris, le 6 février 2013.



Objet : les orphelins du Mali. Pour la reprise des apparentements.


Monsieur le Président de la République,

Nous avons l'honneur d'unir nos voix et de vous adresser conjointement cette lettre, espérant que vous serez sensible à notre demande. Nous sommes candidats à l'adoption d'un enfant du Mali. Et nous vous serions infiniment reconnaissants (et c'est loin de n'être qu'une formule de politesse) de bien vouloir  œuvrer afin que les procédures d’adoption des familles choisies par le Mali puissent reprendre et aboutir.

Nous avons été retenus par la dernière commission de sélection de la DNPEF, la Direction Nationale de la Famille, de la Promotion de la Femme et de l'Enfant de Bamako, en mai 2012 comme une centaine d'autres postulants français. Nous étions alors très très heureux ! Adopter un enfant est un parcours très long et incertain. Et nous étions alors confiants, malgré la situation institutionnelle instable du pays, qu'un prochain apparentement avec un enfant allait avoir lieu. Or, en novembre dernier, nous apprenions par Madame la Ministre Alwata Ichata Sahi, ministre de la Famille, de la Promotion de la Femme et de l'Enfant, via l'Agence Française de l'Adoption, l'arrêt brutal de toute adoption internationale et ce en dépit de l'engagement annoncé quelques mois plus tôt.
Le Mali, nation souveraine, est un pays auquel nous sommes très attachés pour y avoir construit un chemin vers notre futur enfant au fil des années. Mais la récente décision des Autorités maliennes nous a anéantis et laissés dans la plus grande des incompréhensions. En effet, la promesse d'un apparentement a été établie dans des conditions réglementaires légales (la commission de sélection). Par ailleurs, et ce n'est pas la moindre des conséquences, la fermeture de l’adoption internationale va retirer toute possibilité aux orphelins du Mali de vivre dans un foyer où ils sont très attendus. Ainsi, depuis trois mois, les pouponnières du pays ne cessent de voir leur nombre augmenter.

Nous souhaiterions du fond du cœur que les Autorités maliennes soutiennent l’engagement premier qu’elles avaient pris à notre égard en sélectionnant notre demande d'adoption. Notre désir le plus profond est d’offrir un avenir plein d'affection et d'attention à notre futur enfant et de le chérir.

Aujourd'hui, après l'engagement de la France aux côtés des troupes maliennes pour rétablir la souveraineté institutionnelle sur tout le territoire, nous nous adressons à vous, Monsieur le Président de la République. Nous sommes confiants dans votre humanisme, dans votre attachement au Mali et nous connaissons l’intérêt supérieur que vous portez à vos concitoyens. Aussi, nous vous serions infiniment reconnaissants si vous pouviez faire entendre nos voix auprès de Monsieur le Président Diacounda Traore et Madame la Ministre de la DNPEF, afin qu'une solution à cette situation où nos vies intimes sont meurtries, puisse être trouvée. C'est probablement une paille dans les enjeux géopolitiques actuels qui sont en œuvre au Mali. Mais pour nous, c'est l'essentiel, tout simplement l'essentiel.

Nous serions honorés si vous acceptiez de nous recevoir pour vous donner toute information dont vous auriez besoin.

Ayant toute confiance en votre bienveillance, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de toute notre gratitude et de notre très haute considération.


Des parents Français,
sélectionnés aux commissions Maliennes 2009, 2010, 2012.




1 commentaire:

  1. Si de votre côté, vous souhaitez vous inspirer de cette lettre pour écrire à votre tour au Président, n'hésitez pas. Copier/coller également possible! Anne

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