samedi 16 mars 2013

Lettre au Premier Ministre du Mali

A l'attention de Monsieur le Premier Ministre
Diango CISSOKO,
Palais de la Koulouba
Bamako-Mali




Paris, le 26 février 2013.

Objet : les orphelins du Mali. Pour la reprise des apparentements.

Monsieur le Premier Ministre,


Nous avons l'honneur d'unir nos voix et de vous adresser conjointement cette lettre, espérant que vous serez sensible à notre demande. Nous sommes candidats à l'adoption d'un enfant de votre pays qui en novembre dernier a fermé ses portes à l’adoption internationale. Nous vous serions infiniment reconnaissants, et c'est loin de n'être qu'une formule de politesse, de bien vouloir  œuvrer afin que les procédures d’adoption des familles choisies par le Mali puissent reprendre et aboutir.

Nous avons été retenus par la dernière commission de sélection de la DNFPE, la Direction Nationale de la Famille, de la Promotion de la Femme et de l'Enfant de Bamako, en mai 2012 comme une centaine d'autres postulants français. Nous étions alors très très heureux ! Adopter un enfant du Mali est un choix de cœur pour nous. Et nous étions confiants qu'un prochain apparentement avec un enfant allait avoir lieu. Or, en novembre dernier, nous apprenions par Madame la Ministre Alwata Ichata Sahi, Ministre de la Famille, de la Promotion de la Femme et de l'Enfant, via l'Agence Française de l'Adoption, l'arrêt brutal de toute adoption par des ressortissants non-maliens et ce en dépit de l'engagement annoncé quelques mois plus tôt.

La conséquence la plus dramatique de cette décision touche les pupilles de l'état vivant dans les pouponnières. Arrêter les adoptions internationales va considérablement réduire, dans un court et moyen terme, la possibilité pour les orphelins de vivre dans un foyer où ils sont très attendus, où nous sommes prêts à leur offrir un avenir plein d'affection et de protection, dans le respect et la promotion de leur culture de naissance.

Nous sommes très attachés à votre pays pour y avoir construit un chemin vers notre futur enfant au fil des années. Mais la récente décision des Autorités maliennes nous a anéantis et laissés dans la plus grande des incompréhensions. En effet, la promesse d'un apparentement a été établie dans des conditions réglementaires légales (la commission de sélection) et en accord avec les principes de la Convention de La Haye, dans l'intérêt supérieur de l'enfant, notre priorité commune.

Nous nous adressons à vous, Monsieur le Premier Ministre, confiants dans votre humanisme, connaissant l’intérêt supérieur que vous portez à vos concitoyens, et alors que nos deux pays oeuvrent ensemble pour la souveraineté du Mali. Nous souhaitons et espérons la paix au Mali. Et nous souhaitons et espérons que très vite, les apparentements reprennent. Il nous revient qu'un recours déposé par des avocats maliens a été présenté auprès de Madame la Ministre Alwata Ichata Sahi, ainsi qu'une requête auprès de la Cour Suprême de Bamako, afin les dossiers sélectionnés par les autorités compétentes maliennes puissent être apparentés. Nous espérons que vous saurez porter un regard attentif à ces démarches. Notre désir le plus profond est de chérir notre futur enfant.

Nous espérons que vous entendrez nos voix et que vous pourrez trouver une solution à cette situation où nos vies intimes sont meurtries. C'est probablement une paille dans les enjeux géo-politiques actuels qui sont en œuvre au Mali. Mais pour nous, c'est l'essentiel, tout simplement l'essentiel.

Ayant toute confiance en votre bienveillance, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier  Ministre, l'expression de toute notre gratitude et de notre très haute considération.

Des parents Français,
sélectionnés aux commissions Maliennes 2009, 2010, 2012.

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