mardi 5 mars 2013

Lettre de Sophie, au Président de la République

A l’attention de Monsieur le Président de la République
Palais de l’Elysée
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS



 Bruges, le 25 février 2013


Objet : les orphelins du Mali. Pour la reprise des apparentements
 


Monsieur le Président de la République,

Je me permets de vous écrire pour vous faire part de mon inquiétude quant au devenir des enfants abandonnés sans filiation connue et déclarés pupilles de l’Etat malien.


Maman adoptive d’une petite fille née à Bamako en 2010 que j’ai eu le bonheur d’adopter en décembre 2010 et de recueillir dans mon foyer en janvier 2011, je suis très attachée à ce pays qui m’a fait l’honneur de me confier un de ses enfants : je garde des liens très fort avec le Mali en parrainant notamment deux enfants maliens dans le cadre de leur scolarisation.


Aussi, c’est avec stupeur que j’ai appris en octobre 2012 que l’Etat malien cessait de manière unilatérale toutes les procédures d’adoption internationale en cours.
Il est évident que, dans la situation instable que vit actuellement le pays, il est peu probable que les orphelins maliens trouvent un foyer au Mali. Et l’idée que de très nombreux enfants ne connaîtront sans doute jamais la chaleur et la protection d’un foyer m’est tout simplement insupportable.
De plus, je suis particulièrement inquiète des conditions sanitaires difficiles que doivent rencontrer les pouponnières et par voie de conséquence les enfants.
C’est à eux que vont mes pensées. Maman adoptive d’une merveilleuse petite fille, je ne peux cesser de m’émouvoir en imaginant leur détresse, ni rester silencieuse et encore moins ne pas réagir.


Je n’oublie pas non plus les postulants à l’adoption sélectionnés lors des commissions de 2009, 2011 et 2012 dans le respect des procédures de l’adoption internationale qui ont été informés de l’arrêt de leur procédure par l’Agence Française de l’Adoption en décembre 2012.
Les procédures sont longues (plusieurs années), difficiles et mobilisent une énergie de chaque instant pour tenir le cap et ne jamais baisser les bras. J’imagine leur douleur après tant d’espoir, leur incompréhension, si près du but ; d’autant plus que j’aurais pu être des leurs.
Bien sûr, le Mali est un état souverain et je respecte son autorité ; mais je souhaiterais que les Autorités maliennes soutiennent l’engagement qu’elles avaient pris à l’égard des postulants et que les apparentements reprennent leur cours.


Dans l’espoir que vous entendrez mon appel et que vous soutiendrez les postulants à l’adoption oubliés de tous aujourd’hui, je formule le voeu qu’une solution soit aussi trouvée pour les enfants délaissés du Mali.


Je vous remercie par avance de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.


Sophie, mère adoptive d'Agathe

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